B312 (Montréal, 2019)
Quand nos yeux se toucheront, nos mains n’y pourront rien
La Galerie B-312 a le plaisir de présenter Quand nos yeux se toucheront (nos mains n’y pourront rien), la plus récente exposition de Caroline Mauxion. Si la pensée visuelle de l’artiste émane régulièrement de la littérature, cette fois-ci, c’est à même ses expériences personnelles, sensibles et corporelles qu’elle appréhende ses recherches sur la matérialité de l’image pour en valoriser le côté physique et tactile. Caroline Mauxion s’attarde aux gestes photographiques. Elle les performe. Elle en dépouille les procédés constitutifs. Elle cherche les moyens les plus élémentaires d’actions sur la matière. Le geste le plus simple, le plus archaïque -l’empreinte- procède ici comme une hypothèse technique féconde sur le plan heuristique en instaurant un rapport entre le hasard et la technique. L’empreinte, c’est également l’expérience d’une relation bricolée entre une image, un corps et un substrat. Ainsi, le geste de couler du plâtre sur un tirage jet d’encre redonne à la photographie numérique une matérialité par contact, mais convoque d’autres sensibilités et établit un ensemble de tensions qui s’éloignent du rapport lumière et surfaces photosensibles. Le plâtre liquide active le pigment qui sera ensuite absorbé. Il plisse le papier qui en durcissant, épouse tous les plis et aspérités. Il devient un corps réceptif, portant indices et marques tel des stigmates. Cette corrélation, ce transfert entre la surface du plâtre et la peau, traverse toute l’exposition de Caroline Mauxion créant un réseau analogique riche d’évocations.
—ISABELLE GUIMOND








