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Voir autrement que par les yeux, voir avec le corps. C’est de cette façon que Caroline Mauxion aborde l’image dans une pratique élargie de la photographie. L’artiste cherche à créer une relation incarnée avec l’image et s’appuie pour cela sur la phénoménologie féministe. L’expérience de son corps vécu ainsi que des œuvres littéraires sont parties prenantes dans l’élaboration de ses pièces. 

L’ensemble de son travail témoigne d’un intérêt pour le sensible et la matérialité de l’image. Le verre, le plâtre ou le papier soluble participent à faire et défaire le corps de ses photographies qu’elle découpe, imbibe, assemble et replace. Elle explore notamment le potentiel sculptural et l’altération de l’image photographique par une technique artisanale de transfert sur plâtre. L’expérience sensible et physique de ses images se déploie dans une pratique du moulage, de l’installation ainsi que de la vidéo.

La condition physique de son propre corps, altérée par plusieurs opérations chirurgicales, émerge en filigrane dans ses récents projets. La notion de corps vécu l’intéresse en ce qu’elle informe et forme le rapport à soi, aux autres et au monde. Si plusieurs textes de Virginia Woolf ont nourri son travail, d’autres lectures se sont depuis greffées dans ses projets telles que Les Métamorphoses d’Ovide, Le corps lesbien de Monique Wittig ou encore Agua Viva de Clarice Lispector. Le choix de ces œuvres littéraires est entre autres guidé par l’expérience de lecture qu’elles provoquent dans l’imaginaire mais aussi dans le corps.

Ses deux dernières expositions Quand nos yeux se toucheront (galerie B312, 2019) et En des corps nouveaux (galerie S. Blais, 2018) font état de ses recherches autour de ses expériences et réminiscences physiques.

 

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